Collectif SMU 2020

Élections Municipales 2020

FIN DU COLLECTIF SMU 2020, VIVE LE NOUVEAU COLLECTIF !

Depuis décembre 2019, une vingtaine de nouveaux membres du Collectif ont décidé de rejoindre la liste "Engageons-nous pour demain" portée par Gérald Giraud. Le programme de la liste s'est construit sur les idées et suggestions issues des nombreuses réunions publiques et associatives. Vous pouvez consulter le travail participatif sur le site  : https://smu2020.fr/

 

Le Collectif SMU 2020 disparaitra après les élections municipales du 15 mars 2020. L'association sera dissoute un mois après les élections. Nous vous invitons à vous approcher du Pacte pour la Transition à Saint Martin d'Uriage puis du futur collectif de citoyens pour nous engagez pour demain.

 

LES VIDÉOS DU COLLECTIF

Présentation de Claudine Chassagne

membre du Collectif

Réunion publique sur la transition écologique, citoyenne et solidaire

10/15/2019

Le collectif a souhaité initier la série de réunions publiques projetées pour l’élaboration de son programme par la thématique-clé de ces élections : la transition écologique, citoyenne et solidaire.

L’objectif des ces réunions est d’apporter un éclairage par des interventions ciblées puis de créer les conditions d’échange et partage au sein des Saint-Martinois(es) présents, afin de faire émerger des pistes d’actions pour le prochain mandat.

Cette première soirée a donc été introduite et animée par Kirsten Koop, chercheuse au laboratoire Pacte de l’Université Grenoble Alpes et Marie Arnould, rédactrice en chef de la revue « Les quatre saisons » éditée par Terre Vivante.


Kirsten Koop – Transitions, quels leviers ?


Kirsten Koop s’intéresse aux transitions dans les pays occidentaux, notamment l’Europe, après avoir travaillé sur le développement des pays du sud. 

La transition s’opère par la prise de conscience des changements en cours et des changements auxquels nous devons parvenir. En France nous segmentons la notion de transition (sociale, climatique, écologique). En Allemagne on parle de transition sociétale ou en Angleterre de sustainability transition. Ces notions sont plus globales.On retrouve dans la transition, la notion de développement durable mais avec des méthodes un peu plus radicales qu’on ne le pensait. Aux Etats Unis des instituts travaillent sur « comment changer de société ». Des groupes de chercheurs travaillent aussi sur ce sujet en Europ. Le nombre de publications augmente.

Un autre terme circule : l’innovation sociale qui regroupe aussi des initiatives de transition. Des initiatives citoyennes émergent avec une rapidité remarquable : plus de 10 000 initiatives en France qui vont dans ce sens.

La transition peut s’opérer à partir d’un contexte qui se caractérise par trois éléments principaux :

  • Le régime qui représente système et sa stabilité

  • Le paysage environnant qui est extérieur à ce régime (marché mondial, technologie, changement climatique, dégradation biosphère, pic pétrolier..) Ces changements peuvent déstabiliser le régime.

  • Des niches ou sources d’innovation (AMAP, FABLAB, Agroécologie, etc), initiatives qui font aussi pression sur le régime.

Tout le système territorial change quand le régime change du fait de la pression citoyenne. Ainsi, on peut arriver à un nouveau régime. La municipalité peut prendre un rôle de management de la transition même si elle n’est pas à l’initiative au départ. Elle peut réfléchir à comment accompagner ces impulsions.

Il est très important d’aborder comme un premier défi, la perception que nous avons de ce contexte qui change. Cela nous permet de penser la voie de la transition. Si on a lu Pablo Servigne on s’attend à une crise multiple : financière, alimentaire, climatique…

Il faut se demander au niveau municipal, quelle peut être la temporalité pour mettre en place les premières pierres des changements à venir. La municipalité doit travailler en partant de la façon dont les habitants perçoivent le contexte et il faut prendre leur niveau de conscience pour prendre en compte leur opinion et conduire des actions acceptables pour la population.

Pablo Servigne montre l’importance de renforcer la communauté.

La tentation est de prendre plusieurs actions et faire du petit bricolage. Mais il est intéressant de voir avec les habitants si on ne peut pas parvenir à une vision globale car tout est lié. Il faut avoir une vision cohérente et lisible par tout le monde incluant tous les aspects. Il faut se donner les moyens de maîtriser la situation.

Une municipalité peut être promoteur, modèle et garante de nouvelles règles que l’on se donne.

Christian Felber a écrit le livre « L’économie citoyenne » sur un mouvement qui a vu le jour. Il propose un système de valeur qui peut être partagé à partir d’une matrice très simple. Une convention peut être souscrite par les acteurs qui veulent participer à cette initiative. Chaque année, on peut évaluer les actions réalisées à partir des critères de la matrice.

Isabelle Delannoy a écrit « L’économie symbiotique » et réfléchit en quoi et comment différentes activités économiques peuvent entrer dans une harmonie avec les écosystèmes.

D’autres idées possibles ou sujets sont à creuser :

  • Le rapport à la nature à partir de laquelle construire une vision cohérente du territoire,

  • Le thème de de l’alimentation pour entrer dans le sujet de la transition.


Questions de la salle


Avons-nous déjà vécu ce genre de situation sur le plan historique ?

La science n’a pas de réponse à cela mais il y a des convictions. Lors du passage de la pré modernité à la modernité, les changements ont été très importants (Renaissance, Lumières, Révolution). 

Mais aujourd’hui c’est mondial et planétaire donc plus grave ?

Oui aujourd’hui il faudrait aller beaucoup plus vite. Certes c’est un problème planétaire mais il n’y a pas de conscience dans l’ensemble des pays (par ex, la Chine ou l’Inde).


Témoignage dans la salle : Nous allons de la linéarité vers l’exponentiel. Dès que le système est de plus en plus dense, il y a une difficulté de gestion. Dans les derniers siècles on a surtout pensé à la linéarité qui ne marche plus aujourd’hui. Nous devons inventer des outils nouveaux.

Autre témoignage dans la salle : On est en train de passer de l’exponentiel à la discontinuité. La théorie des systèmes dynamiques montre bien ce passage vers la discontinuité.

Réponse de Kirsten Koop : Transition veut dire passage et un passage est toujours chaotique. Ce sont des périodes compliquées mais jusqu’alors il y a toujours eu quelque chose qui a émergé. Cela passe par un autre rapport à la nature. Un congrès international a eu lieu à Grenoble sur « le bien vivre ». Des gens de l’occident ont rencontré des personnes de partout dans le monde en s’inspirant de sociétés traditionnelles pour recherche des points d’innovations particulièrement en lien avec la nature. Et on voit que l’on entre dans une aire de réflexivité et de la conscience, avec plus de spiritualité.

En France, le système administratif est très complexe. Vous avez positionné le régime à l’échelle de la commune. Mais d’autres niveaux administratifs sont concernés. Quelles sont vos préconisations ?

Réponse de Kirsten Koop : Les règles sont inscrites à différentes échelles, c’est un problème et les états plus fédéralistes sont mieux positionnés pour accompagner la transition qui demande une certaine autonomie décisionnelle et financière locale.

Par exemple, la question des intrants en agriculture est une source de conflits très grande. On se heurte souvent à des règlementations inadéquates. Je croyais que depuis le 1er janvier 2019 la vente de pesticides était interdite or j’en ai trouvé dans des magasins. Alors qu’un maire qui veut imposer l’abandon des produits phyto sanitaires et convoqué au tribunal administratif ….L’Etat ne réprime pas les contrevenants à ces règlementation dans les magasins.

Réponse de Marie Arnould : Il faut vérifier s’il s’agit d’une vente aux particuliers qui est interdite ou aux professionnels qui reste autorisée.

On est dans une rupture de continuité alors que nous fonctionnons avec des outils et méthodes de continuité. L’enjeu c’est la démocratie participative. Quelle définition de la démocratie participative ? Comment faire en sorte que les projets ne sortent plus sans concertation avec les habitants ? Or, on fait comme si rien ne se passait. On a réalisé des projets archaïques et un PLU qui entérine des choses invraisemblables ?

Réponse de Kirsten Koop : Il est important que des gens partagent ce qu’est la transition et parfois osent contourner les règles ainsi que le font certaines municipalités déjà. Il y a des gens qui cependant continuent à fonctionner comme si de rien était. Il y a une différence de conscience qu’il faut prendre en compte. Il y a aussi des experts qui peuvent aider à penser de manière créative pour mieux avancer dans la transition.

Plusieurs interventions ont lieu sur le PLU en cours considérant qu’il n’est pas suffisamment écologique.

Cécile Conry explique que le PLU est en phase d’analyse de l’enquête publique et qu’il n’est donc pas le sujet de la soirée.



Marie Arnould – L’alimentation, une voie de transition

Marie Arnould raconte l’histoire de Pam Warhurst en 2008 dans le nord de l’Angleterre, à Todmorden. Pam Warhurst a considéré que pour changer les choses, c’est par la nourriture qu’il faut commencer. Elle a alors organisé une réunion sur le thème de la nourriture locale. 60 personnes ont participé et se sont rendu compte qu’il était possible de cultiver pour changer le rapport à la nourriture et maîtriser sa qualité.

Est ainsi né « Increadible edible » avec la création de « propaganda garden » en ville sur lesquels étaient posés des petits panneaux « servez-vous ». Ces petits jardins ont été aménagés sur des zones disponibles ou dans des bacs de culture.

Aujourd’hui, 11 ans après, il y a plus de 70 espaces de culture dans une ville de 16 000 habitants. On peut dire que ce n’est pas une action de bobos car il y a de la pauvreté dans cette région et les personnes parties prenantes sont d’origine modeste.

« Incroyables comestibles » ont essaimé ensuite en France. A Grenoble : parc Paul Mistral, verger urbain, culture sur les toits. A Paris, il y a aussi beaucoup d’expériences. 

Cette agriculture urbaine n’est certes pas totalement efficace pour l’autonomie alimentaire. A Grenoble, une première étude a montré que l’autonomie alimentaire est de 1,38% et le foncier qu’il faudrait mobiliser pour une autosuffisance alimentaire n’est pas accessible aujourd’hui, les réserves foncières étant très insuffisantes.

Cependant on peut observer que dès qu’on jardine, on change sa façon de s’alimenter. Chez les jardinières des quartiers nord de Marseille, il a été observé que même si elles ne ramènent que 53 g de production alimentaire par jour, cela suffit à changer les comportements alimentaires avec une augmentation de la consommation de fruits par exemple.

Il y a actuellement un projet alimentaire inter-territoires qui rassemble différentes collectivités locales dont EPCI, conseils de développement. Cette démarche alimentaire locale en projet s’appuie notamment sur la restauration collective afin de sécuriser le foncier agricole. On est en train d’avancer. Le magasin « la combe gourmande » est une réussite. Il y a le réseau des fermes de Belledonne aussi. Un menu végétarien a été instauré une fois par semaine sur la commune.

Les cuisines des écoles de Grenoble mais aussi les cuisines des collèges donnent une place de plus en plus importante au bio. On a des expériences intéressantes sur le territoire qu’il faut renforcer.

A Mouans Sartoux dans les Alpes Maritimes, 100% de l’alimentation est bio et locale à la cantine. Ils ont réussi à maintenir un prix assez stable grâce à la chasse au gaspillage et ils ont créé une régie municipale pour cultiver les légumes et ainsi approvisionner la cuisine scolaire. 

A Ungesheim en Alsace, la cantine est bio à 100 % depuis cette année avec une régie municipale pour cultiver ce qui permet de préparer 600 repas environ. Cette expérience est décrite dans le film - voir le film de Marie Monique Robin « Qu’est-ce qu’on attend ? ». Il y a à Ungersheim, un groupe de citoyens structuré autour de 5 commissions de travail dans lesquelles on entre après avoir signé une charte de collaboration. Beaucoup d’idées sont sorties des participants. Plus de 200 citoyens ont participé ces dernières années. Les citoyens participent aussi directement à certains chantiers. Ils ont ainsi baissé les coûts des certaines chantiers. 

A Todmorden, 11 ans plus tard, force est de constater qu’ils n’ont pas du tout atteint leurs objectifs. Ils s’étaient fixés en effet d’être à 80% autosuffisants sur le plan alimentaire ce qui était très ambitieux. Ils n’y sont pas arrivés mais la communauté est plus solide et ne se sent plus impuissante. Beaucoup de gens participent. C’est donc très positif.


Les idées sont donc nombreuses et il faut les démultiplier: poulailler collectif, vergers citoyen, forêt nourricière, ateliers cuisine, échange de graines, habitat participatif.

Le lien à la nature est aussi très important. Il est primordial de faire prendre conscience du lien à la nature et de l’urgence de sauvegarder la biodiversité. Etre dans la nature, a un impact sur le psychisme, c’est une thérapie médicale. La nature a des effets positifs sur la santé, le stress, l’approche de la beauté etc… C’est pourquoi il faut la mettre au centre des réflexions à venir.

La transition c’est la création de groupes de gens qui s’unissent pour avancer.


Questions de la salle

Est-ce qu’une municipalité pourrait exiger que pour chaque logement soit créé un petit jardin ? Cela donnerait la possibilité aux gens d’expérimenter des actions. 

Les gens ont perdu la connaissance de la nature et de ses bienfaits: par exemple, nous avons des framboises et groseilles dans un jardin public à côté et personne ne les ramasse..

Réponse de Marie Arnould : il faut relancer des groupes autour de cela, créer un atelier de jardin… relancer des dynamiques. Vivons avec et pas contre la nature et alors on construira de façon plus écologique.


Un levier dont on parle c’est celui de l’urbanisme et de la construction. Quelle possibilité d’introduire des règles comme créer un jardin pour chaque logement ? La municipalité peut faire quelque chose ? Est-ce qu’il y a des possibilités de statuer ?

Réponse de Kirsten Koop : l’idée du « commun » est prise au sérieux par les municipalités allemandes car les prix du foncier augmentent et sont très élevés. Ces municipalités ont racheté des terrains pour les donner en bail afin de faciliter leur occupation. Il y a donc à réfléchir à ce levier pour se donner une marge de manœuvre.


Les communes ont la liberté de choisir un cahier des charges architecturale pour leur territoire. Souvent les communes hésitent à y aller car elles redoutent les contraintes.

On se confronte à des intérêts économiques et les goûts de chacun. Toute la difficulté est dans la formulation d’un PLU. Il y a beaucoup de choses qui esthétiquement ne vont pas.


Est-ce que les projets qui ont été cités ce soir impliquent un retour en arrière ? Ou bien y a-t-il une place pour la technologie ?

Réponse de Kirsten Koop : L’innovation et la technologie frugale ont leur place en tant que moyens simples et pas chers. Internet permet de trouver des milliers d’idées et hybrider des idées du monde entier.

L’exemple de la ferme du Bec Hellouin est intéressant, inspiré de l’expérience des maraîchers parisiens du 19ème siècle qui cultivaient avec le fumier des chevaux de l’époque. Les techniques agronomiques de cette ferme permettent aujourd’hui de cultiver sur une butte réduite des quantités significatives. Ils arrivent à des rendements exceptionnels.

Dans la vallée de la Drôme a été créé le label « bio vallée » entre différentes municipalités. C’est intéressant.

Dans le Trièves, il y avait un terreau fertile avec un maire qui a souhaité accueillir Terre Vivante et depuis cela a essaimé de nombreuses autres expériences. Mais cela s’est fait en dépit de certains maires qui n’y croyaient pas. Les initiatives viennent plutôt du secteur civil mais certains maires sont très dynamiques. Le mouvement part plutôt de la société qui pousse puis les élus y viennent.

En Ardèche, certaines municipalités vont vers les porteurs de projet et s’inspirent d’initiatives. Cela vient donc des citoyens qui sont ensuite soutenus.

Il faudrait faire un bilan de tout ce qui a été fait à St Martin d’Uriage pour voir comment le faire fructifier.

La question des déplacements est un vrai problème.

Réponse de Marie Arnould  Dans le Trièves on a mis en place de l’autopartage. La Communauté de communes a acheté des vélos électriques pour les prêter à Terre Vivante par exemple. Le covoiturage fonctionne bien aussi. Il faut développer ça à partir de petits groupes de gens.

Il faut prendre les choses en main et devenir responsable sans tout attendre du maire ou de l’équipe municipale. Le travail à distance doit être facilité par exemple.

Ce qui nous attend demande de la créativité. On ne peut pas le faire seul. Les temps actuels nous demandent d’improviser. Faire de l’aïkido administratif.

Un témoignage montre l’intérêt d’un retour en arrière, d’une prise de conscience du terreau sur lequel nous sommes, il faut recréer cette relation à la nature. Créer la notion de terreau Belledonne.

Réponse de Marie Arnould  Todmorden est un cité dortoir mais ils ont réussi à créer une dynamique avec les atouts et les difficultés qu’ils avaient.


Jean-Marie Jancovici est intéressant à suivre. Il faudrait avoir des initiatives qui fassent baisser les émissions de CO2. Il faut trouver une idée sur la mobilité mais aussi ne plus manger de viande car la production de viande représente 10% des émissions des GES. Il faut tout du moins diminuer drastiquement notre consommation de viande. 

Réponse de Marie Arnould  : La solution qui gagne du terrain, c’est le télétravail. Cela devient institutionnel et de façon très rapide.

Concernant la consommation de viande, il faut faire la différence entre la consommation réduite de viande de bonne qualité et locale et les autres offres.

Livre de Terre Vivante qui vient de sortir apporte de nombreuses suggestions : « Réussir la transition écologique. »

Réunion publique mardi 3 décembre : "Intercommunalité " Interview de Gérald Giraud

vert : réunions publiques du collectif
rouge : réunions des membres du collectif
bleu : autres réunions publiques

Venez, Participez !

Nous attendons votre participation aux réunions afin de monter un plan d'action et un programme politique ambitieux, écologique, citoyen et solidaire!

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